Carnets de voyage d'Oriane : Istanbul

Publié le par Oriane

Voici Oriane ! Une amie qui a décidé pour sa deuxième universitaire à l'ICN Business School de faire une « césure » et de partir... Oui oui, de partir ! D'abord accompagné de son ami Yohan, puis rapidement, seule...

Et nous, l'équipe du Calame Incisif, on a décidé de publier ses carnets de voyages, qu'elle publie quotidiennement sur ce blog : http://uneautrecesureestpossible.over-blog.com/

 

Voici donc notre sélection.... Étape 6 : Istanbul (Turquie)


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          Midi, je prends le train qui dans 20 heures est censé me poser à Istanbul, où il devrait faire vachement meilleur qu’à Bucarest. Le temps de me caler dans mon compartiment, une fille arrive, puis une autre. La première est Française, Claire, 29 ans, dans le marketing, et la seconde Roumaine, Adriana, 42 ans et qui en parait 30, en banque. On s’est bien trouvées, on sympathise très vite et s’entend super bien. Je rattrape ma carence en présence féminine. Claire a le Flexipass Balkans, en 2 semaines elle fait Buca – Istanbul – Sofia. Adriana en vacances solo pour la semaine. Les 2 ont pas mal bougé en solo, couchsurfé et tout le délire, donc affinités ++. Histoires de filles forcément quand l’ex de Claire l’appelle pour lui  dire qu’il doit lui parler, il l’attend à la gare d’Istanbul (WTF !). Ma théorie c’est qu’il est enceinte. Bref, le temps passe super vite, mais à 1 heure de l’arrivée le train tombe en rade, y’en a pour 5 heures de réparations. Claire commence à péter un câble, finalement ils affrètent des bus. Dans les bus en question, on décide de se séparer pour socialiser, manque de bol les filles tombent à côté de gitanes ultra .. gitanes quoi, et moi à coté d’un cool Grec trop sympa :) Doctorat de linguistique sur l’araméen, tombé amoureux d’Istanbul la première fois qu’il l’a vue, il revient pour un mois. Passionné et passionnant, il me donne pas mal de tips sur la ville, me présente les quartiers et les see-sights. Je savais même pas que la ville était coupée en 3. Deux parties côté Europe, une côté Asie. Deux heures plus tard, on arrive enfin. Les filles partent, l’une avec son ex sous le bras (hemhem) et l’autre juste avec son sac. Moi entre temps j’ai fait connaissance avec 3 Français qui étaient dans le même bus, et qui (pour une fois) ont l’air normaux. On prend les numéros et on s’appellera plus tard.


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           Ca grouille de monde et de touristes, mais alala c’est beau. Les bazars, les odeurs de chica, les appels à la prière… J’en prends déjà plein les yeux, sur le chemin de l’auberge, dans le quartier de Sultanahmet, entre la Mosquée bleue et Ste Sophie. Ultra bien située, sympatoche. Je pose mes affaires vite fait et repars prendre la température. Parlons en de la température : j’ai rangé ma veste de ski, ciel couvert mais du 20 degrés, plus qu’appréciable après le zéro de Bucarest. Puis pour un 2 décembre, non c’est juste parfait ! Allez je prends quand même un pull au cas où je rentre dans les mosquées. La ville c’est un magnifique mix d’Orient et d’Occident, je sais que c’est super bateau mais c’est vraiment ça, Istanbul c’est une belle métisse. Supra relou les mecs qui accostent dans la rue toutes les 3 minutes, en mode ils tapent discut même quand tu réponds pas, te suivent même quand tu les ignores, l’horreur. Bon rapidement on apprend à être un peu plus ferme, c’est pas très cool mais faut ski faut, sinon c’est juste insupportable. (Et c’est pas parce qu’on est des filles qu’on doit être gentilles tout le temps avec tout le monde, C2G).  Balade par Sultanahmet et plusieurs mosquées avant de redescendre vers le port, en passant par le parc du palais Topkapi, plein de couples roucoulant. De là, le pont Galata mène à l’autre partie européenne de la ville. Il est plein de pêcheurs, tous collés les uns aux autres, qui sortent des petits poissons qu’ils gardent plus morts que vifs dans des bocaux. Les poissons sont ensuite vendus un peu plus loin, grillés et en sandwich. Ca doit vraiment grouiller, car il y a des dizaines et des dizaines de pêcheurs, qui ont plusieurs hameçons sur leur ligne, en gros ils sortent genre 10 poissons d’un coup !


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           Pas le temps de passer à la tour Galata, j’ai rencard dans l’autre partie de la ville avec les Français. Ahmed, Fayssal et Mounir se font un trip de 3 semaines à Sofia, Istanbul, Beyrouth et Damas. Fraichement diplômés de l’ESC Lille (on dit Skema maintenant), ils sont ultra cools. On redescend vers le port, se galère follement pour acheter les jetons et finalement prend le bateau pour aller en Asie. Les gens sont super pressés, apparemment beaucoup habitent côté Asie et travaillent côté Europe, donc 19h heure de pointe comme le métro à Paname. Le Bosphore by night, brillant de mille feux, alala, magique. Les touristes comme nous sont au taquet niveau appareil photo et vidéos, alors que les locaux ne s’émeuvent pas plus que ça. On décide de diner en Asie, et là je me rends compte que voyager à 3, c’est 3 fois plus compliqué. Entre « mal aux pieds », « faim de loup-garou » et « voudrait gouter le poisson », on tourne une bonne heure avant de finir dans un doner quelconque. Là, on teste la chorba et les Dürüm, sorte de kebab mais dans une galette genre burritos, pas mal. Retour en Europe, où on décide de chercher la tour verte qu’on voit de loin. Hem, commence une genre de chasse au trésor qui nous fait passer par le bazar égyptien, vide, désert pour ne pas dire flippant, une quête qui nous fait monter des ruelles sombres et affronter des tempêtes de sable (si si). Un kiff de la trouver et de poser. On est en fait à l’Université. Une qui donne presque envie de faire des études. On essaye ensuite de retrouver notre quartier, qui est loin loin loin. 4 personnes et quand on arrive à un croisement ça ressemble toujours un peu à : - c’est à droite là nan ? – moi j’aurais dit tout droit plutôt. – mais nan les gars, c’est à gauche. – on devrait ptètre faire demi tour ? Une bonne marche, qui monte et qui descend. C’est toujours cool une ville la nuit. On passe par un quartier super animé, plein de resto cosy, de lumières, de musique et de danseuses. Il fait toujours ultra doux et je me sens en vacances, un grand kiff. Il est bien tard quand on retrouve le parvis de la Mosquée bleue, où on se pose un peu regarder les chiens errants qui jouent à la bagarre. Les garçons repartent à leur hôtel, on a passé une bête de soirée et on se revoit peut-être le 8, je veux qu’ils me racontent le Liban et la Syrie, c’est pas comme si je rêvais d’aller là-bas !


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           La journée comme ultra bien avec le petit déj sur le toit de l’auberge, vue sur le Bosphore, doux rayons du soleil, c’est juste parfait. Les 2 personnes de mon dortoir dormaient déjà quand je suis rentrée hier et sont parties tôt ce matin (cimer le réveil à 5h), donc pas croisées. Matinée avec un gros Roumain « beaucoup trop mystique », plus à l’Ouest vers les bains turcs. Courant de l’après-midi, je rejoins 2 strasbourgeoises, Elsa, rencontrée quelques mois plus tôt sur un forum sur la Mongolie, qui roadtripe avec sa copine. Parties de Stras en stop jusqu’à Sarajevo, elles ont baroudé dans les Balkans, puis ont wwoofé en Bulgarie, et le plan c’est d’aller au Népal fin décembre, puis en Inde, où Nono (lamentable mais j’me souviens plus de son vrai prénom) va faire une formation de masseuse et Elsa bouge en Mongolie. Retour à l’été. Leur blog : http://noandzastrip.noblogs.org/. On échange un peu sur nos voyages respectifs, puis Elsa part voir l’expo Body World. Vue à Londres pour ma part, avec Magic David pour guide, c’était ultra intéressant. Cool après-midi avec Nono, un tour au Grand Bazar qui est vraiment grand et assez suffocant, c’est plein de monde, il fait ultra chaud et on en prend plein les yeux, mais avec les vendeurs qui te harcèlent et ça devient vite relou. Sur les étals, écharpes par milliers, sacs, vêtements, chaussures, bijoux, déco, plats, du tout et du rien. On s’esquive vers le plus petit marché aux épices, complètement enchanteur pour le coup, beaucoup plus calme. Là, on apprécie l’atmosphère bazar, la diversité des senteurs et des couleurs à sa juste valeur, c’est-à-dire beaucoup. On finit par se poser pour discuter de voyages et d’avenir devant la nouvelle mosquée, qui n’a de neuf que le nom. On rejoint Elsa un peu plus tard, brièvement, car les filles prennent le bus pour Antalya ce soir.


           De retour à l’auberge, pas de temps de poser mon sac que je bondis sur un mec voyant que sur son ordi il mate une page sur Strasbourg. Chris(topher), Australien, 3ème année de médecine, va à Stras dans 3 semaines, là il arrive tout droit du Népal. Il est ultra cool, se débrouille en Français et parle super vite.


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           7h, Chris est réveillé, au taquet, il tourne en rond, mode jetlag. Moi, je me motive seulement vers 8h 30. Premier stop à la Mosquée bleue, où il y a une queue d’une centaine de personnes. Finalement ça va vite, et malgré les panneaux qui expliquent bien que tout le monde doit se déchausser et les femmes doivent couvrir leurs cheveux, bah tout le monde a imprimé pour les chaussures, mais aucune nana n’a pris la peine de mettre un foulard sur la tête, pas cool. L’intérieur de la mosquée est absolument magnifique. Des murs aux plafonds, c’est décoré de bleu et de rouge, on en prend les yeux malgré la foule, car pour le coup c’est surpeuplé. Européens, Arabes et Asiat mitraillent et se font prendre en photo. Gros embouteillage de remise de chaussures à la sortie, c’est un peu marrant. On part vers le palais Topkapi, que Chris visitera tout seul plus tard, car trop cher pour moi (10€ l’entrée) et on m’a dit que c’était pas si ouf que ça, et que tant qu’à raquer pour une visite, autant voir Ste Sophie, même tarif. En se dirigeant vers l’autre côté de la ville, on s’arrête dans une boutique de faïence ou céramique ou je sais pas quoi, bref ils vendent de la vaisselle, des vases, ce genre de trucs, superbement peints. Le mec du magasin nous fait une petite visite commentée du magasin, à des fins purement commerciales on est d’accord, mais Chris, genre décomplexé, pose toutes ses questions pendant presque une heure, donc on repart super au fait de la formation pour devenir maître artisan, les techniques utilisées etc etc.

         On déj près du port les fameux sandwichs de poisson grillé, pas cher et assez bon, avant de prendre la direction de la tour Galata. A 6€ l’entrée, on ne monte pas, mais continue de marcher plus long dans le quartier, jusqu’à une immense rue commençante, où clairement c’est l’Europe, avenue piétonne pavée, toutes les enseignes « de chez nous ». Et une foule de malade, des centaines et des centaines de personnes. Au bout d’un moment, c’est l’heure de faire demi-tour (j’ai mon vol pour Antalya plus tard dans la journée), et c’est là qu’on croise une manif du Parti Socialiste « Etoile rouge ». Forcément, on va voir ça de plus près, on commence à discuter avec un mec qui nous explique que c’est pour la libération d’un mec de leur parti, (à venir), prisonnier politique depuis (à venir). On soutient, prend le contact. Le mec nous propose de se revoir autour d’un verre à l’occas histoire de discuter du cas de la Turquie (complètement méconnu pour nous) ; j’aurai adoré mais ultra malheureusement je crois que je n’aurai pas le temps. On repart, tente un  autre chemin, se perd, donc un peu à la bourre, je retourne en tram à l’auberge.


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           Chris va passer quelques jours en Cappadoce puis reviendra à Istanbul, on devrait se recroiser à l’auberge dans 4-5 jours. Un mec super, mais être avec lui c’est crevant pour le cerveau, notre trip c’est qu’il parle en français et moi en anglais, et ça me demande une folle concentration de comprendre son français. Vraiment pas mal ceci dit, mais des tournures de phrases souvent improbables, un bête d’accent et des mots qui ne sont pas dans le dico, avec son débit de paroles au dessus de la moyenne internationale. C’est le 3ème qui me sort « j’ai le tousse » pour dire « j’ai la toux », mais non j’me moque pas, au contraire je valide « le tousse ». Moi aussi ça m’arrive d’inventer des trucs en anglais, comme « not absolutely », validé par Zach, ça veut dire « pas obligé » mais j’pense que c’était clair. Bref, retour à l’auberge où le Roumain confirme, s’il le fallait, sa mysticité. Le mini-bus passe me prendre pour m’emmener à l’aéroport, l’occas de sympathiser avec un mec du Costa Rica genre blond surfer, qui m’invite à passer chez lui cet été pour apprendre le surf (lol).


           Bref, beaucoup beaucoup de rencontres ultra cool (j’ai pas parlé de tous les plans CS pour hang out, concert de balkan music par musicos rencontré dans la rue et tout, mais bref), dans une ville superbe et carrément bonne ambiance où les rencontres sont faciles et chaleureuses.

Publié dans Reportage

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