Carnets de voyage d'Oriane : Transylvanie (Cluj et Turda)

Publié le par Oriane

Voici Oriane ! Une amie qui a décidé pour sa deuxième universitaire à l'ICN Business School de faire une « césure » et de partir... Oui oui, de partir ! D'abord accompagné de son ami Yohan, puis rapidement, seule...

Et nous, l'équipe du Calame Incisif, on a décidé de publier ses carnets de voyages, qu'elle publie quotidiennement sur ce blog : http://uneautrecesureestpossible.over-blog.com/

 

Voici donc notre sélection.... Étape 5 : Transylvanie


clujDSCN3029.JPG

Cluj

 

      La bonne nouvelle c’est qu’on s’est enfilé tous les gâteaux de ma mamie et non seulement c’était très bon, mais en plus ça a allégé mon sac (mais pas mon bide). Donc bref je pars pour la gare routière à la recherche du peron OrangeWays, mais je ne trouve pas. Je demande à un punk/roots qui était dans le même métro, qui regardait avec compassion mon backpack, et qui est sorti à la même station. Il se trouve qu’il prend le même bus, il rentre chez lui, à Cluj-Napoca (on l’appellera Cluj). Ma première étape en Roumanie, sur les conseils de Julia. On finit par trouver, et 8 heures après, 7h 30 heure locale, on arrive. J’ai vaguement noté l’adresse d’une auberge, mais quitte à avoir les conseils d’un autochtone, qui s’appelle Attila qui plus est ! Donc Attila me dégote une auberge qu’il connaît, il appelle pour voir s'il y a de la place, m’accompagne en ville, me prend un ticket et me pose dans le bon bus avec plan et numéro de téléphone (toujours cette galère de pas avoir de bureau de change ouvert quand je débarque dans un pays). Helpfull les Roumains :) L’auberge est sympa comme tout, le problème est qu’elle est vide. Alone dans l’dortoir de 6, damned.


      J’en profite pour dormir un peu, vu qu’un bébé hurleur nous a tenu compagnie dans le bus (6 heures de braillements sans accalmie, du bébé de compétition). Geekant un peu, je me dis que j’vais faire de la place sur mon ordi en supprimant quelques programmes inutiles. Sauf que au bout d’un moment j’ai plus la wifi, et l’icône pour me connecter aux réseaux sans fil a disparu. Bordel de merde, genre j’ai supprimé par inadvertance le truc qui me permet de me relier au monde normal. Crise de panique. Moi, en Roumanie, sans wifi. Ca va pas le faire. Heureusement, bénie soit-elle, Laura TDLC geek pro m’a rétablie ça en moins de deux, j’ai eu très peur. (si ça peut aider quelqu’un un jour :  retour dans le passé de la suppression des programmes = Démarrer, programmes, accessoires, outils système, rétablir le système). OUF !


clujDSCN3033.JPG

      Rassurée, je peux partir me balader en ville, c’est fort joli par ici ! Comme je suis toujours aussi nulle en architecture c’est un peu difficile à expliquer, vaut mieux regarder les photos. Y’ vaguement deux trois grandes rues pleines de bars, resto, second hand shop et librairies. A part le MacDo, Orange et les banques, peu d’enseignes de FMN, surtout des petites échoppes roumaines, c’est ça qu’est bon. Une ville très étudiante parait-il, mais moi ce qui me frappe ce sont les enfants. Tous les 200 mètres y’a une école, et dans presque toutes les rues y’a une classe de 5-ans qui transhume. Adorables, en ribambelle, ils se tiennent par la main, jouent, piaillent, et les éclats de rire et les cartables multicolores c’est ultra chou. Et ils ont des bonnes bouilles les pti roumains.


      Je rencontre 4 Français en achetant mon « kebab » à 6 lei (1€ = 4, 25 lei). Ils sont en dentaire ici, après avoir raté 2 fois leur P1 de médecine en France (David t’as trop la classe). Un peu étranges quand même, en mode : « Moi avant d’venir ici, j’croyais que les gens ils avaient des charrettes. En fait non, y’a des voitures, des jolies même hein, là regarde y’a une BM. ». Ah oui. Cool. Donc après être allé boire un verre et fait un tour en ville, je décline leur invitation à sortir avec eux ce soir dans LE bar où tous les Français de Cluj se retrouvent. (J’préfère les étrangers, mais) merci quand même.


clujDSCN3037.JPG

      Fin d’après-midi au jardin botanique, un grand et beau parc, qui serait surement encore plus beau en été. Parce que bon, novembre y’a plus grand-chose quoi. Le truc cool c’est les serres tropicales, 30° et 80% d’humidité, mode sauna. Pas grand monde à part quelques personnes accompagnant d’autres personnes vraisemblablement pensionnaires de l’hôpital psy à côté. Pause dans un bar ultra hype, j’ai pas pu résister à l’appel du fat tiramisu à 9 lei… Je rentre à l’auberge voir si y’a du monde qui est arrivé, et .. non. Juste le mec de la réception, un cool roumain qui s’appelle Arpi et qui parle français. Ultra fluent, c’est impressionnant, il m’a sorti des trucs improbables pour un non-native, genre « des groupes qui promeuvent le tourisme en Transylvanie ». Il a fini son master de philo (décidemment.. ) et bosse à l’auberge en attendant de trouver un truc à faire de sa vie.

 

Turda


G-turdaDSCN2895-copie-1.JPG

      Lendemain, je prends un bus pour Turda, à une trentaine de kilomètres de Cluj. Top voyage, à travers la campagne. Là pour le coup les gens ont des charrettes (un de ces 4 je ferai du stop-charrette, c’est sur) et c’est exactement comme on peut imaginer la campagne roumaine. Les gens ont des petites bicoques et dans leur jardin deux poules, des chiens, parfois une vache. Des tracteurs, des fermiers, des champs de mais, la vie rurale quoi. J’aime fort. Turda c’est une rue principale. Je passe au « supermarché » me prendre de quoi faire un petit pic-nic, le plan c’est de déjeuner aux gorges de Turda, 10km après le village. Grosse galère pour trouver un moyen d’accès : 10 personnes qui me disent 10 trucs différents, prends un bus à l’église, non c’est l’arrêt plus loin, prends le trolley, fais du stop, va à l’autre village, c’est à gauche, c’est à droite, fais demi tour, vas-y sur les mains. Bref, je prends un bus pour Mihai Viteazul, un micro-village à côté. On me dit de suivre la route principale sur 3 km, puis prendre à droite 1 km et passer la grande colline, et ça sera là. Aaaah. Donc je commence à marcher, en mode campagne roumaine d’inter-village, c’est tout perdu, c’est trop bien. Mais je ne résiste pas au stop, (malgré les conseils de Julia) parce apparemment ça marche beaucoup comme ça ici. La première voiture me prend, un mec cool qui m’emmène jusqu’aux gorges, lui il va là bas aussi mais pour cueillir je sais pas quels fruits. Et je lui suis assez reconnaissante car à pattes j’aurais mis mille ans. Donc les gorges de Turda, c’est une sorte de faille dans la montagne. Quand on arrive au parking, une grande carte avec les sentiers balisés. 13, 20, 30 km … Euh j’crois que je vais juste me balader comme ça.

  G-turdaDSCN2878.JPG

     Donc je ne suis pas les ronds bleus ni les triangles rouges, je me fais un petit défi de mémorisation  spatio-temporel en prenant « les chemins qui ont l’air cools ». Je descends des escaliers, arrive à la rivière qui coule entre les 2 morceaux de montagne mais sinon ça a un aspect assez forêt. Une forêt à l’automne, avec feuilles mortes glissantes, cailloux humides et bruits étranges. Et personne. En plus de 2 heures, j’ai croisé 2 personnes (2 x 1 personne) et au retour un groupe de randonneurs qui revenait vers la sortie à la tombée de la nuit. Honnêtement, un petit trip adrénaline, entre « et maintenant c’est par où ? », « c’est quoi ce bruit ? » et « euuh il bouge beaucoup le pont là quand même hein ». Et pour bien me rassurer, cette « œuvre » un peu déplacée du mec qui s’est pris un rocher et dont on ne voit que les bottes sortir du sol (cf photo), ultra flippant. Mais je me suis bien marrée aussi. Et j’ai bien aimé être au grand air et entendre le bruit du rien, le ruissellement de l’eau, les cailloux qui roulent et les rugissements de bêtes sauvages (c’était un chat en fait). Je suis de retour au parking pour 16h 30, la nuit va tomber donc les gens qui étaient dans les gorges en sortent aussi. L’occas de me faire déposer en voiture à Turda par un couple de Roumains sympatoches, de là je reprends un mini-bus pour Cluj.

     G-turdaDSCN2887.JPG


     L’auberge s’est bien remplie de gens de passage pour le week-end. Mon dortoir est full ! Arpi me missionne pour aller acheter du vin : le mec du magasin remplit une bouteille en plastique directement du « fût », visse un bouchon et hop, c’est fait :) et on passe la soirée dans la common room avec une Allemande qui fait ses études de pharma ici depuis 4 ans, un couple d’Italiens de Napoli, une Canadienne quadra ultra marrante et ce vin roumain, ma foi carrément bon. Géniale l’ambiance auberge, tout le monde a de folles histoires de voyages à raconter et on se marre bien (y’a un pote à l’Allemande en Roumanie il s’est fait attaquer par un ours dans la forêt steuplé !!!). Backpackers’ life, man, y’a rien d’meilleur !

 G-turdaDSCN2883.JPG

      On va se coucher quand mes roommates espagnoles rentrent de boîte à 5 heures et quelques, réveil difficile à 11. Le temps d’aller déj et je check les bus  pour ma prochaine destination, Sighet, région des Maramures. D’après mes recherches sur Internet y’a peut-être un bus, sinon un train. Au même prix mais le bus met 5 heures, le train 7. Peut-être d’après le mec de l’auberge ça veut dire que le seul moyen de le savoir c’est de se pointer à la gare le moment venu, voir si il est là, si non si une compagnie affrète un last minute si y’a assez de monde, ou  pas. Donc, je me pointe à la gare, pas d’bus pour Sighet. Y’a bien Brasov et Sibiu (deux autres villes que m’a conseillé Julia) mais moi j’ai vraiment envie d’aller à Sighet. Donc je m’en vais prendre le train, à la gare pas très loin. 

Publié dans Reportage

Commenter cet article