La Révolution Tunisienne

Publié le par Bâ Silleye

 

 

     Depuis presque cinq semaines, le peuple tunisien a eu le courage d'affronter la terreur d'un Président dictateur. Ce peuple avait lu et reconnu le sens du sacrifice dans l'immolation du jeune chômeur âgé de 26 ans, le défunt  Mohamed Bouazizi. C'est un suicide "altruiste" d’un vendeur des légumes pour nourrir des bouches que l'Etat a oublié. Et le peuple l'a honoré en chassant en plein jour, le vieux démon, Zein-Abidine Ben Ali.  Ce 14 janvier est mémorable et marque tout de même la fin d'une époque désormais révolue. Il annonce aussi la naissance d'une nouvelle ère notamment celle qui respecte   la voix du peuple qui aspire au changement. Le peuple tunisien a fait preuve d'une maturité hors du commun notamment celle de guider jusqu'au bout une révolution méritée.


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     Certes, la rue tunisienne a connu le sang des âmes innocentes. Les ventres  affamés des enfants ont digéré la peur des adultes. Mais l'esprit de la jeunesse l'a emporté devant le cynisme et la terreur derrière laquelle se cachait le centaure Ben Ali. Cette jeunesse ne pouvait pas faire autrement, d'ailleurs, elle a bien fait. En descendant dans la rue pour scander les mots de la REVOLTE et de L'EXCES, la jeunesse a ébranlé toute une dictature avec tous ses lugubres antécédents. Les jeunes affamés, désœuvrés, et malmenés ont pourchassé un homme qui entretenait l'arbitraire et la terreur. Les jeunes ont compris que l'homme n'était "chef "  que grâce à eux. L'homme n'était violent qu'à cause de leur attitude poltronne. L'homme était cynique qu'à cause de leur naïveté innocente et placide. Ils ont compris que le président doit servir le peuple et non le contraire.  Et, en confiant à la rue leurs souffrances, ils ont fait tomber les symboles de tyrannie.


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     Cette révolution nous enseigne que lorsqu'un peuple veut le  changement, il peut l'avoir.  Elle montre que  devant toute puissance, il y a une faiblesse.  Aujourd'hui, celle de l'ex-dictateur a été  dénudée à la face du monde. Il ne manquait  ici  q'une question de MOBILISATION et de LUTTE dont le principal mot d'ordre demeure le SACRIFICE.

     Alors, enfin de compte, le PEUPLE TUNISIEN sort de son coma après  être  resté 23 ans dans l'hôpital de Ben Ali. Mais que l'on se dise là et maintenant que ce peuple a mérité sa liberté et son épanouissement.        

Et qu'il sauvegarde son HONNEUR.


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La jeunesse exemplaire.

     La jeunesse tunisienne doit servir d'exemple à toute la jeunesse ARABE qui reste encore tapis dans la peur et retranchement face aux agissements injustes et coupables de leurs dirigeants. Il n’est pas d'autres voies que celle de cette jeunesse autant sacrifiée.

     Certains chefs d'Etats l'on très vite comprit.  Le Libyen M. Kadaffi a tout de suite diminué les taxes sur l'exportation des denrées de la première nécessité, alors qu'en Algérie et en Mauritanie, les militaires pensent tout pouvoir maitriser. Que ces chefs d'Etats respectifs sachent que la sourde oreille ne sert à rien. En Algérie, les émeutes continuent de gagner du terrain. On en est qu'au début. En Mauritanie, les autorités craignent un soulèvement, un chômeur a menacé de s'immoler devant le palais présidentiel et les collégiens dans un quartier pauvre de Nouakchott ont manifesté leur colère sous les matraques et les gaz à lacrymogène de la police sans vergogne. 


image-novagalerie-42391_13.jpgLa jeunesse tunisienne n'a plus peur... Ici devant le Ministère de l'Intèrieur


     A quand, ces pays là, tireront des enseignements de la leçon donnée par la jeunesse tunisienne. Qu'ils se disent que les légumes de Bouazizi ont fait ce 14 janvier la fierté de tout un peuple. Que ces Présidents -là se disent qu'un étudiant peut mettre fin à sa vie car, il ne peut plus supporter  la condition de vie de ses parents. Que ces chefs d'Etat-là se préparent lorsqu'qu'une femme  meurt parce qu’elle ne peut plus allaiter son rejeton. Et qu'ils pensent au cas de Ben Ali qui a pris la fuite en laissant son Palais d'orée. Et finalement, comprendre que  le pouvoir est éphémère et le pouvoir n’est qu’un  poison.


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     C'est aussi une leçon à l’Egyptien Hosni Moubarek et  au Sénégalais Abdoulaye Wade et se dire, en effet, que  le projet de la dynastie est plus que jamais étouffé dans le fœtus. Que Paul Biya de Cameroun et son homologue Burkinabé renoncent à l'idée de l'éternisation au pouvoir. Alors Laurent Bagbo et Alassane Ouattara feront mieux de mettre en avant l’intérêt du peuple ivoirien loin des luttes futiles et partisanes.   

Ainsi, la jeunesse africaine vaincra les dictateurs.


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Vive, le peuple TUNISIEN.

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