La stratégie de tous les risques

Publié le par Bâ Sileye

        Ayant le soutien du Président français Nicolas Sarkozy, le Président de la République ne semble plus tergiverser sur les stratégies à entreprendre, afin de repousser la menace terroriste de l’Al-Qaida du Maghreb islamique qui pèse contre la Mauritanie depuis quelques années. D’ailleurs, depuis la préparation de son coup de force en 2008, l’Elysée trouve en actuel homme fort de Nouakchott, un véritable collaborateur pour anéantir les bandits du grand Sahara. Mais, la mission de l’ex-général ne semble pas être facile. Les attaques se multiplient et occasionnent des dégâts collatéraux. Et pourtant malgré le permenant soutien de l'Elysée à Nouakchott, AQMI opère toujours efficacement dans la région. La derriére en date la sémaine passée. L'armée mauritanienne a déjoué une serie d'attentats et d'attaques des présumés térroristes en évitant le pire pour la Mauritanie. Car de sources proches des services de renseignements et de l'armée, les éléments d'AQMI voulaient assassiner le Président Mauritanie Mohamed Ould Abdel Aziz.

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Membres probable de l'AQMI


         Ils avaient planifié leur coup. Ils attendaient leur retour du Rais à Nouakchott qui devrait rentrait d'Adis Abeiba. Mais fort heureusement, l'armée mauritanienne a fait sauté les voitures des terroristes bourées d'explosifs stationnées à quelques enclabures de la capitale. L'opération ménée le 9 fevrier s'est soldée par la mort d'un élément de la nébuleuse et l'arrestation d'un autre. Interpéllé par la gendarmerie, le présumé déclare que le projet consistait d'attaquer l'ambassade de la France notamment faire exploser le portail à l'aide d'une grenade pour ouvrir le chemin à une voiture piégée qui devait exploser à l'intérieur de la chancellerie.

 

France: la cible d'Aqmi

 

      Dans une cassette diffusée par la chaine Arabe Al-Jezirra, AQMI a revendiqué la prise en otage des 5 expatriés français, un Malgache et un Togolais au Niger. Dans la cassette, le leader terroriste Abou Zaid met en garde la France contre « toute stupidité » autrement dit contre toute attaque. Avant même d’identifier le message, Paris a déployé un important dispositif militaire terrestre et aérien pour obtenir leur libération. La France veut éviter cette fois de voir se répéter l’exécution de ses ressortissants. Elle implique de prés les pays du Sahel et en particulier la Mauritanie pour lutter contre les menaces qui pèsent sur elle. Nouakchott et Paris ont développé leur coopération dans ce domaine au lendemain de l’exposition d’un Kamikaze devant l’ambassade de la France en Août 2009. Mais, jusqu’ici, si la Mauritanie a bénéficié certes des renseignements et des soutiens techniques et logistiques, la France peine à repousser la Menace.


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14 juillet, date butoir de l’exécution de Germaneau :


     Depuis ce petit déjeuner du 14 juillet à l’Elysée, fête nationale de la France, avec M. Nicolas Sarkozy, le Président Mauritanien semble donner des ordres à ces troupes à traquer l’ennemi dans le Sahara. D’ailleurs, dans les rangs de l’armée nationale l’alerte est maximale. Dans la même foulée, Paris appuie Nouakchott dans un raid, le 22 juillet dernier, et les terroristes exécutent l’humanitaire français Michel Germaneau, lequel a été pris en otage 19 Avril 2010, dans le Nord du Niger. Des sources françaises affirment que le raid consistait à libérer le vieil homme, tandis que, les renseignements mauritaniens parlent « d’une opération en vue de repousser une attaque ». Dans le Journal le Monde paru le 24 juillet, on pouvait lire l’idée selon laquelle : « En attaquant la base d’AQMI, l’armée mauritanienne pouvait espérer faire d’une pierre deux coups : prévenir une opération terroriste et tenter, avec le soutien des forces françaises, de récupérer l’otage ». Donc, la stratégie est claire, Nouakchott et Paris, collaboraient dans une stratégie de tous les risques. Et la suite s’est soldée par l’exécution de Germaneau. D’ailleurs certains médias français ont acerbement critiqué la négligence des dirigeants Français d’entamer des négociations avec les éléments d’AQMI pour obtenir la libération en vie de Michel Germaneau.


article michel-germaneauMichel Germaneau


      Certains analystes voyaient déjà un doute qui planait au tour de cette affaire en écoutant les propos du Président Français dire à l’occasion de son intervention télévisée le 12 juillet : « J’ai une inquiétude brulante pour notre compatriote retenu en otage quelque part dans le Sahel ». Selon ces derniers, à attendre le dirigeant Français, l’on sait déjà qu’il y a une insuffisance d’informations sur cette affaire et surtout l’annonce d’un échec certain dans toute tentative de libération. C’est pourquoi, une fois ayant localisé les groupes soupçonné, Paris s’est précipité d’encourager le raid de l’armée mauritanienne en l’apportant un soutien technique et logistique. En menant cette opération, nul ne savait si Germaneau était à priori localisé avec le groupe. D’ailleurs, il se peut que le vieil homme soit décédé bien avant, car le Ministre Français des Affaires Etrangères Kouchner avait déploré son état de santé. L’homme souffrait d’une crise cardiaque. Selon le journal Aujourd’hui paru le 24 juillet, Paris n’a rien retenu de l’exécution d’un touriste britannique Edmin Dyer, « il y a un an, après que Londres eut refusé de céder à leur chantage ». Le quotidien ajoute : « La France sait qu’à l’instar des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et des pays engagés militairement en Afghanistan, la menace terroriste en son égard demeure constante depuis 2001 ».


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     Bernard SQUARCINI, le numéro un du contre –espionnage français fait l’alerte précoce. Dans le quotidien français le Monde paru, ce lundi 20 Septembre, le patron de la direction centrale du renseignement intérieur ( DCRI) est formel. Il s’exprime en ces mots : «tous les clignotants sont au rouge. La France est sous le coup d’une menace majeure ».


Mauritanie dans l’œil du cyclone :

       Aucuns se posent aujourd’hui une seule question notamment celle de savoir, si la Mauritanie est mieux placée pour lutter contre AQMI ? Tout le monde s’interroge aussi sur la durée du soutien logistique de la France à l’armée mauritanienne. L’armée française ne cherche –elle pas à fixer dans le Sahara en implantant un camp ?

     En tous cas, les analystes se posent d’innombrables questions sur la volonté de la France à signer des conventions avec les pays du Sahel dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. La Mauritanie profiterait toutefois de cette coopération dans la mesure où elle obtient des renseignements sûrs et fiables sur les déplacements et les intentions des éléments de la nébuleuse Al-qaida du Maghreb Islamique. Mais une zone d’ombre plane quelque part dans cette histoire de coopération , car quelques jours seulement après l’exécution de Michel Germanau, à la suite du raid de l’armée contre les terroristes, un Kamikaze a pu traversé les frontières pour se faire exploser dans une caserne au Nord du pays. Cette posture met davantage la sécurité des mauritaniens en danger tout en remettant en cause l’efficacité de services de renseignements nationaux.

lg419392820046yd.jpgForces spéciales françaises en activitées au Sahel

 

     S’il y a une volonté de lutter contre le terrorisme, il convient de passer par les négociations comme le prône le Président Malien. La Mauritanie a encore plus d’atouts en comptant sur les manœuvres du médiateur mauritanien et Conseiller du Président Burkinabais, Moustapha Limam Ould Chavii, lequel a obtenu la libération des otages Espagnols. Tout le monde sait que le Président Malien aurait utilisé ses services.

     Contrairement, au Président Mauritanien, Amadou Toumari Touré émet de grandes réserves selon les méthodes à employer dans cette lutte qui prend des nouvelles alternatives, contre les Etats qui les engagent. Dans son dernier entretien accordé consécutivement à la RFI et TV5, le Président ATT déclare ouvertement que « le terrorisme n’est pas un problème. Le Mali se considère comme victime et otage ». Il a pris une position qui correspond mieux avec les capacités militaires de son armée. Lui qui disait dans les colonnes du quotidien français le Monde que « certains quartiers de la banlieue parisienne sont plus dangereuses que le Mali » en réponse à la question du journaliste qui l’interpellait sur la menace terroriste.


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     Entre la stratégie d’ATT et celle du Président Mauritanien, la différence est de mise. Le premier fait recours à la diplomatie alors que le second ayant l’appui de l’Elysée prône pour la force. En plus de l’instabilité politique du pays, il ouvre la porte aux éventuelles attaques au cœur de la capitale et à l’intérieur du pays. Il a oublié que ceux qui collaborent avec des trafiquants de drogue et dont la localisation et quasiment, sont capables de frapper à tout moment.

     Ce que le Président Mohamed Aziz ignore, Amadou Toumari Touré l’a compris en évitant d’engager la guerre contre AQMI. La preuve en est qu’il obtenu la libération des otages Espagnols sans dépenser aucun sous. La Mauritanie en acceptant de jouer la carte de la France met potentiellement son territoire en danger, plus qu’il ne l’était déjà.

    Aujourd’hui, la menace est plus qu’effective avec la mise en liberté des anciens détenus Salafistes qui peuvent reprendre les armes ou convaincre de nouvelles recrues à se rendre dans les camps d’entrainement. Ce qui pousserait à plus d’un à interroger sur l’efficacité du dialogue entamé par les autorités mauritaniennes avec les brebis égarées d’AQMI détenu dans la prison civile de Nouakchott. 


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     Les accrochages de l’armée mauritanienne avec la nébuleuse AQMI dans le désert du Sahara vont s’intensifier les mois à venir avec le déploiement massif des forces armées spécialistes françaises. Le danger que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz néglige peut mettre en péril de nombreuses vies humaines quand on sait que les terroristes peuvent attaquer n’importe quand et à tout moment. Alors, avec cette stratégie de durcissement du ton, les citoyens vont payer les pots cassés en vivant dans la panique et l’insécurité la plus totale.

Publié dans Afrique

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